samedi 5 mai 2007

4°- SI VOUS ÊTES ENCORE EN VIE


Si vous êtes toujours en vie à plus de 70 ans, après avoir évité tous les obstacles mortels, mis sur votre route c’est que :

1° Vous avez eu un bon jugement au cours de votre vie.

2° Vous avez hérité de vos parents une très bonne constitution.

3° Vous n’avez pas abusé de cette énergie vitale reçue à la naissance.

4° Vous êtes un homme ou une femme “ bionique “, prolongé de vie artificiellement .

(organes défaillants remplacés par des greffes ou des organes artificiels)

Ou encore que vous avez eu de la chance, mais ça personnellement je n’y crois pas.

Voilà la réalité, d’ailleurs confirmée, si vous jetez un regard autour de vous, par la disparition de la plupart de nos proches contemporains. Et n’oublions pas que les personnes nées avant-guerre avaient une bien meilleure constitution que les générations d'après-guerre.

Le plus dur est de vivre jusqu'à 65 ans ? Passé cet âge, les taux de mortalité sont très faible. Aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Avant 65 ans les décès sont souvent liés à des morts violentes (accidents ou à des comportements à risques, alcool, drogues, sida, tabac, etc). Une explication pourrait être que les personnes les plus sujettes à des comportements à risque décèdent prématurément et que la population restant en vie est "sélectionnée" pour sa bonne santé et davantage épargnée par la suite.

Le seul moyen de connaître le taux de survie réel d’une population donnée, serait de suivre l’évolution de… par exemple; 1000 personnes née en 1930 d’après les registres d’état civil d’une grande ville n’ayant pas subi de catastrophe naturelle ni de guerre.

Ce qui nécessite de connaître le lieu et la cause du décès de chaque personne et donc de mener une véritable enquête policière pour tous les cas où une personne est morte dans un autre lieu que son lieu de naissance. Ce qui semble impossible, a posteriori, 70 ans après. Le coût et les difficultés d’une telle opération seraient disproportionnés par rapport à un résultat que personne ne veut véritablement connaître.

L’autre possibilité c’est de mener une opération de recherche en temps réel sur un laps de temps de 100 ans, ce qui nécessite une forte volonté politique pour obtenir la connaissance des résultats… au siècle suivant.

Donc tenons-nous-en aux sacro-saintes statistiques et autres calculs de probabilité avec tout ce qu’ils ont d’aléatoires et d’inexacts. Comme par exemple la moyenne de vie des aînés en constante augmentation, obtenue parce qu’il y a beaucoup moins d’enfant qui meurent en bas âge, et qu’il y a de plus en plus d’aînés dont la vie est prolongée artificiellement, parfois même contre leur gré.

Quelle donnée statistique ne mesurera jamais l’angoisse et la détresse des parents d’un enfant atteint d’une grave maladie.

Quelle échelle ne mesurera jamais la souffrance des malades atteints d’un cancer ou ceux greffés d’un cœur, d’un rein ou d’un foie.

Et les mutilés, quelle qu’en soit la cause, peut-on évaluer le traumatisme de la mémoire du membre perdu.

Faut-il avoir perdu tout respect pour la vie et de celui qui la créée, pour n’en prendre aucun soin et même souvent pour détruire son réceptacle, ce magnifique corps plein de vitalité héritée de nos lointains ancêtres, et transmis de génération en génération depuis des milliers d’années.

Faut-il avoir soif de vie et crainte de la mort, pour accepter de remplacer dans la douleur, morceaux par morceaux, comme les pièces mécaniques usées d’une vieille voiture, un corps biologique naturel contre un corps bionique artificiel.

Le comble de tout, si vous avez échappé à l’ensemble des traumatisme vitaux au cours d’une vie bien remplie, que vos capacités cognitives soient intègres, comme “récompense finale”, vous aurez la “chance” de passer les dernières années de votre vie oublié de tous, conservé en l’état, avec d’autres inconnus dans la même situation, dans un EMS perdu au fin fond d’une banlieue sordide ou dans quelque village isolé en rase campagne. Réjouissez-vous d’avance pour ces dernières vacances.



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