Les gens sont souvent assez réticents pour apprendre de nouvelles choses qui leur semblent compliquées; il en va ainisi par exemple de l’informatique, matière qui a le pouvoir d’effrayer le plus grand nombre par sa prétendue complexité. Mais en fait il en est ainsi de tous les domaines d’étude dignes de ce nom, des Mathématiques à l’apprentissage du chinois, de la biochimie à l’étude de la conscience métaphysique chez les présocratiques.
Ce qui effraie, c’est principalement l’ampleur de la tâche à accomplir; cette vision provoque la plupart du temps découragement, on laisse alors tomber à cause d’un mélange de peur et de fainéantisme. En fait l’intérêt de tout apprentissage devrait justement être proportionnel à l’ampleur de l’étude à accomplir; la satisfactiopn résultante n’en est que plus grande, la réussite dans cette épreuve permettant d’en aborder une encore plus ardue et ainsi de suite. C’est la progression, l’évolution de la connaissance et de la conscience de l’individu vers quelque chose qui n’est bien sûr pas le bonheur terrestre tel qu’il se conçoit souvent grosièrement (argent, voiture, vacances…), quelque chose qui tient d’un accomplissement intellectuel. Une évolution qui malheureusement ne se généralise pas forcément dans la nature humaine, la plupart des individus ayant renoncé à apprendre dès la fin de leurs études, écoeurés par des années d’apprentissage qu’ils n’ont pas su apprécier; parfois même ils n’ont jamais réussi à apprendre, un manque de curiosité intellectuelle innée les ayant empêché de pouvoir apprécier l’apprentissage d’une quelconque matière dès le plus jeune âge.
A l’âge adulte, la plupart des emplois sont bien entendu des entraves au développement de l’appétit d’apprentissage, le salarié grogi et hagard ne rentre le soir chez lui que pour s’effondrer sur son canapé et garder le plus possible son cerveau dans l’état d’hibernation intellectuelle dans lequel il a été toute la journée en regardant la télé; de toute façon il ne saurait tenir tout effort intellectuel plus de quelques minutes.
Alors apprendre surtout pour rester lucide, garder cette conscience en éveil, découvrir des horizons nouveaux qui sont autant de moyens de ne pas être englouti par le sable mouvant de la renonciation intellectuelle, garder une pensée saine et complète et parer toute maladie mentale de la vieillesse, tristes représentations de la déliquescence de la raison qui s’est oubliée sur le chemin des âges.
Par Emir Zoubarine


1 commentaires:
Article dans son contexte original : http://www.emirzoubarine.com/?p=6
Emir Zoubarine :)
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